Les Ouïgours asphyxiés par la colonisation chinoise

Le Xinjiang compte 8 millions d'Ouïgours, une communauté mulsumane et turcophone.

Depuis 1949, le pouvoir communiste s'emploie à désamorcer toutes les velléités d'émancipation.

Le mur d'incompréhension déjà solide entre les communautés han et ouïgoure va encore s'épaissir après la dernière flambée de violences. Dans les rues d'Urumqi, mardi, les commerçants hans restaient hébétés de la violence des émeutiers ouïgours de dimanche, alors qu'ils ont le sentiment d'avoir apporté le développement économique à la région. De l'autre côté, on dénonçait la passivité totale des forces de l'ordre devant des civils équipés d'armes blanches, se promenant en toute impunité avec la volonté affichée de se livrer à une «chasse aux Ouïgours».

Si, pour Pékin, cette flambée de violence a été instrumentalisée politiquement, il n'en reste pas moins qu'elle se fonde sur des décennies de malentendus et de frustrations. Historiquement, la région a été le théâtre d'un chapelet d'épisodes d'insoumission, même si le Turkestan indépendant proclamé par Yaqub Beg en 1865 comme la République du Turkestan oriental instaurée par Osman le Kazakh en 1945 n'ont eu que d'éphémères destinées. Depuis 1949, le pouvoir communiste s'emploie à désamorcer toutes les velléités d'émancipation, qui se sont réveillées dans les années 1990. Dans ses développements récents, la question ouïgoure est avant tout le fruit d'un sentiment de marginalisation démographique, économique et administrative. Les 8 millions d'Ouïgours, qui formaient jadis 90 % de la région, en représentent moins de la moitié aujourd'hui et se sentent asphyxiés par une massive politique de colonisation intérieure des Hans.

 

La région détient 30 % des réserves en pétrole de la Chine

 

Pékin a sans conteste affecté des sommes importantes au développement de la région, mais le décalage de niveau de vie entre populations ouïgoure et han ne cesse de se creuser, notamment avec la redistribution de la rente en hydrocarbures. Le Xinjiang détient 30 % des réserves en pétrole de la Chine et 35 % de celles de gaz. Avec la découverte de nouveaux champs dans le Sud, la production a explosé, multipliée par cinq depuis 2002. Nombre d'Ouïgours, musulmans turcophones, se plaignent aussi d'une politique délibérée d'étouffement de leur culture et d'un contrôle excessif sur l'exercice de leur religion. Ces dernières années, des vagues d'arrestations de «terroristes» présumés ont exacerbé les rancœurs.

Le parallèle, même limité, avec le Tibet est tentant - et d'ailleurs fait par la presse chinoise. La mécanique des émeutes d'Urumqi rappelle celle de Lhassa au printemps 2008. Les autorités appliquent la même grille de lecture, réfutant l'explosion sociale spontanée pour dénoncer une violence téléguidée. «Il s'agit d'actes séparatistes fomentés par le Congrès mondial ouïgour», assurait mardi le maire d'Urumqi, Yisha Muli, désignant explicitement Rebiya Kadeer, en exil à Washington depuis 2005 après avoir passé plus de cinq ans en prison. La chef de file de l'opposition ouïgoure, qui fut reçue à la Maison-Blanche par George Bush l'été dernier, a rejeté hier ces allégations de complot.

 

http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/08/01003-20090708ARTFIG00559-les-ouigours-asphyxies-par-la-colonisation-chinoise-.php

colonialisme..

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