le président déclare l'état d'urgence face aux attaques islamistes

MOGADISCIO (AFP) — Le président somalien a déclaré lundi l'état d'urgence face à l'intensification des attaques des insurgés islamistes, qui mettent en péril un gouvernement ne contrôlant qu'une petite partie du pays et qui a lancé ce week-end un appel à l'aide désespéré à ses voisins.

Cette dernière décision d'un gouvernement aux abois suit l'appel samedi du président du Parlement somalien à l'envoi "dans les 24 heures" de troupes des pays voisins (Kenya, Ethiopie, Djibouti, Yémen), reconnaissant que son gouvernement était "affaibli" par l'insurrection islamiste.

"Après avoir été témoin de l'intensification des violences à travers le pays, le gouvernement a décidé de déclarer l'état d'urgence", a annoncé lors d'un point de presse à Mogadiscio le président, un islamiste modéré élu fin janvier.

Selon un conseiller du président, ce décret présidentiel doit encore être approuvé par le Parlement somalien pour entrer en vigueur. On ignorait lundi quand et où le Parlement pourrait se réunir pour approuver ce décret.

Cette mesure ne devait pourtant pas changer grand-chose au bourbier dans lequel s'enfonce le gouvernement, qui ne contrôle plus que quelques régions du centre de la Somalie et des quartiers stratégiques de la capitale (le palais présidentiel, le port, l'aéroport notamment) protégés par les soldats de la force de paix africaine (Amisom).

Les islamistes extrémistes des shebab et la milice Hezb al-Islamiya ont lancé depuis le 7 mai une violente offensive contre le gouvernement de M. Ahmed. Les forces pro-gouvernementales mènent depuis le 22 mai une contre-offensive, qui a rencontré de sérieux revers.

Les insurgés ont notamment revendiqué un spectaculaire attentat suicide jeudi à Beledweyne (300 km au nord de Mogadiscio) qui a coûté la vie au ministre de la Sécurité et à 19 autres personnes.

Depuis début mai, les combats ont fait environ 300 morts (civils et combattants).

A l'issue d'un rencontre lundi à Nairobi avec son homologue somalien Omar Abdirashid Sharmarke, le Premier ministre kényan Raila Odinga s'est dit favorable à l'envoi de troupes étrangères en Somalie, mais sans se prononcer sur l'envoi de troupes kényanes.

"Il y a un besoin d'apporter une assistance militaire pour faire face à la situation en Somalie", a-t-il déclaré.

Dimanche, l'Organisation de la conférence islamique (OCI), dont la Somalie est membre, a appelé à une action immédiate de la communauté internationale en Somalie.

L'organisation a condamné "les actions des insurgés, des actes terroristes contraires aux valeurs de paix et de réconciliation préconisées par l'islam".

De son côté, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a estimé que le gouvernement somalien avait "le droit" de demander un soutien militaire international face à "l'agression" des insurgés.

L'Amisom, déployée à Mogadiscio depuis mars 2007, est composée de 4.300 soldats ougandais et burundais, loin des 8.000 initialement prévus. Cette force est régulièrement la cible d'attaques des insurgés islamistes.

Paris s'est dit lundi "très préoccupé" par la dégradation de la situation en Somalie et a réaffirmé son soutien au gouvernement de transition.

"Nous sommes très préoccupés par la dégradation de la situation sécuritaire dans la capitale somalienne et par les attaques contre le gouvernement et les populations menées par des groupes armés radicaux bénéficiant de soutiens extérieurs", a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

 

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jNoWwJwY9KwHMWZsnwbJ0ilIgDBQ

Somalie

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