L'attentat près de Kirkouk en Irak s'alourdit à 73 morts

Le bilan de cette attaque s'est alourdi dimanche à 73 morts. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier survenu en Irak depuis plus d'un an. (Reuters/Ako Rasheed)

KIRKOUK, Irak - Le bilan de l'attentat au camion suicide commis samedi près de Kirkouk, dans le nord de l'Irak, s'est alourdi à 73 morts, annonce dimanche la police.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier survenu en Irak depuis plus d'un an, et d'aucuns redoutent que le retrait des troupes américaines des grandes villes, d'ici la fin du mois, n'ait pour conséquence une dégradation de la situation.

Les victimes quittaient une mosquée chiite des environs de Kirkouk quand le kamikaze a déclenché ses explosifs. La violence de la déflagration a détruit 45 maisons et le bilan devrait s'alourdir encore au fur et à mesure que les secours poursuivent leurs recherches dans les décombres.

Sabah Al Dawoudi, directeur des services de santé de Kirkouk, a déclaré que 200 personnes avaient été blessées par l'explosion et que plusieurs étaient dans un état critique.

D'autres violences ont été signalées dans le nord de l'Irak, avec l'explosion d'une bombe au passage d'une patrouille de l'armée irakienne, qui a tué un civil et fait trois blessés dont un policier, à Mossoul. Des individus armés ont par ailleurs abattu un policier dans l'est de cette ville, à près de 400 km au nord de Bagdad, a indiqué la police.

Ces actes de violence surviennent au moment où l'armée américaine doit se retirer partiellement de Mossoul, qui demeure l'un des endroits les plus violents d'Irak.

A la date butoir du 30 juin, la majeure partie des troupes américaines doit s'être retirée des villes pour gagner des bases à l'extérieur des localités. Cette perspective laisse craindre un regain de violences, d'autant que les forces de sécurité irakiennes ne parviendront peut-être pas seules à contrôler la situation.

CRAINTE D'UNE DÉGRADATION DE LA SITUATION

Les violences ont fortement diminué en Irak au cours des douze derniers mois. Le crédit en revient pour partie à l'armée américaine et à sa stratégie de renforcement des effectifs dans des zones urbaines où les combats faisaient rage naguère.

Les insurgés, dont la branche irakienne d'Al Qaïda (sunnite), conservent toutefois la capacité de mener des attaques meurtrières contre les forces américaines, la police irakienne et les civils, pour tenter de créer une situation de troubles permanents et saper l'autorité du gouvernement du chiite Nouri al Maliki.

A mesure que les soldats américains quittent les villes, la pression s'accroît sur les forces irakiennes.

Les élections législatives qui se profilent pour janvier prochain seront un test de la capacité des Irakiens à vivre ensemble après les années de violences consécutives à l'invasion de 2003. Le gouvernement dit être à même de faire face, mais ce sera pour lui un défi de taille.

Ainsi, à Kirkouk, que les Kurdes du nord de l'Irak revendiquent en tant que capitale ancestrale, certains craignent que la police ne fasse cause commune avec une partie de la classe politique, ou que les formations politiques et leurs milices armées ne comblent le vide laissé par le départ des Américains.

"Certains redoutent une aggravation de la situation", résume un analyste politique vivant à Kirkouk, Abd al Rahman Taleb.

 

http://www.lexpress.fr/actualites/2/le-bilan-de-l-attentat-de-kirkouk-en-irak-s-alourdit-a-73-morts_769010.html

 

irak

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×