Brown ouvre une enquête sur la guerre en Irak

Rapatriement d'un soldat britannique tué en Irak, en avril 2007. Très impopulaire en Grande-Bretagne, la guerre a causé la mort de 179 militaires en six ans.

Les parents des soldats morts menacent de marcher sur Downing Street si l'investigation n'est pas publique.

Après le retour d'Irak des dernières troupes britanniques le mois dernier, Gordon Brown devrait annoncer dès demain l'ouverture d'une enquête autour de la décision d'intervenir aux côtés des Américains en 2003. Jusqu'à présent, Gordon Brown avait toujours refusé une enquête indépendante sur la guerre. Elle ne pouvait être envisagée selon lui qu'une fois les troupes «rentrées à la maison». La guerre en Irak, très impopulaire en Grande-Bretagne, a causé la mort de 179 soldats britanniques en six ans. Gordon Brown lui-même a financé l'opération alors qu'il était chancelier de l'Échiquier dans le gouvernement de Tony Blair. Il en a coûté un peu plus de 1 milliard de livres sterling par an aux contribuables britanniques.

L'annonce de l'ouverture d'une enquête était donc fortement attendue, et le geste de Gordon Brown aurait pu accorder un peu de répit au premier ministre travailliste, terriblement affaibli par une tentative de rébellion au sein de son propre camp et un scrutin européen calamiteux la semaine dernière.

 

Le soutien des conservateurs

 

Mais la mesure n'a pas eu l'effet escompté. Les familles des victimes et les députés opposés à la guerre dénoncent «le huis clos» de l'investigation. Selon des sources proches du gouvernement, le public et les médias pourraient avoir accès à certaines discussions, mais dans un cadre limité, tout comme ce fut le cas lors de l'enquête sur la guerre des Malouines. Les parents des soldats morts en Irak ont donc menacé de marcher sur Downing Street si l'enquête n'était pas publique. Le leader démocrate libéral Nick Clegg a lui déclaré que son parti refuserait de participer à une enquête menée dans le secret. «C'est, dit-il, un test pour Gordon Brown qui parle si souvent de réformer la politique.» Le député Alan Simpson, président du Parti travailliste contre la guerre, réclame aussi une totale transparence. Selon lui, «l'examen de la guerre en Irak ne doit pas être moins rigoureux que celui des notes de frais des membres du Parlement, une affaire bien moins importante».

Le soutien à Gordon Brown est venu des conservateurs, largement partisans d'une enquête à huis clos. Pour le tory William Hague, secrétaire aux Affaires étrangères dans le cabinet d'opposition, il est «vital que l'enquête avance aussi vite que possible. Il est crucial que les investigateurs aient accès à tous les dossiers du gouvernement, pour pouvoir établir les ratés dans le planning et la coordination de l'occupation en Irak, tout autant que lors de la décision en elle-même d'envahir le pays».

 

http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/15/01003-20090615ARTFIG00403-brown-ouvre-une-enquete-sur-la-guerre-en-irak-.php

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